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Il arrive que je poste sur mon blog des articles en rapport avec des projets radiophoniques. En voici les dernières entrées correspondantes. Je vous invite bien sûr à lire ces billets dans leur environnement naturel, afin d'y laisser des commentaires  !

Du bon usage d’un enregistreur

Les logiciels pour le montage, c’est bien, mais il faut commencer par enregistrer les choses avant d’en faire une pièce sonore. Cela fait presque trois ans que j’utilise un enregistreur Tascam DR-40. Au fil du temps, j’ai appris à m’en servir, j’ai ajusté certaines choses, et je profite du temps hivernal pour en faire une petite synthèse ici.

Format de fichier et pré-amplification

J’enregistre toujours en wav, avec une précision de 24 bits.

J’ai choisi d’éliminer le mp3, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce qu’avec les grosses cartes mémoire que l’on a aujourd’hui, on dispose de nombreures heures d’enregistrement, avec un format à moins d’un gigaoctet à l’heure. Inutile donc de choisir un format de compression avec perte. L’autre problème du mp3 sur les Tascam, c’est que l’utilisation du circuit de compression produit un bruit numérique dans les fichiers, ce qui les rend inutilisables.

Ensuite, j’ai choisi d’utiliser du 24 bits et non du 16 bits afin d’avoir une bonne précision quand le son est faible. Ainsi, je sollicite le moins possible le pré-ampli de l’enregistreur, généralement entre -18 et -8 dB, sans avoir de problème au moment de la normalisation.

D’autre part, j’enregistre avec un échantillonnage de 44.1 kHz si je fais du son pour la radio, et en 48 kHz si je fais du son pour l’image, car ce sont les standards pratiqués dans chacun de ces domaines, et que sinon, cela impose un rééchantillonnage qui peut être source de bruits parasites.

Si vous voulez en lire plus au sujet de la numérisation du son, je vous invite à lire l’article son et mathématiques que j’ai écrit il y a peu.

Micros externes et FetHead

Je prends toujours soin d’utiliser un micro qui corresponde à mes besoins :

  • Les micros internes du zoom quand je veux faire une prise d’ambiance, ou que je veux enregistrer rapidement une voix, tout en sachant que l’environnement sera aussi capté.
  • Un micro omnidirectionnel dynamique (comme un Sennheiser MD-21 ou un LEM DO 21 B, ces incontournables micros de reportage), quand je veux prendre une belle voix, et garder un peu de l’ambiance autour, par exemple en manifestation.
  • Un micro cardioïde dynamique (le fameux Shure SM58, ou un peu moins cher le AKG D5), de ces micros que l’on utilise sur scène pour la voix, quand il s’agit de prendre juste une voix, ou une source ponctuelle, et éviter de capter tous les sons de l’environnement.
  • Un micro cardioïde statique large membrane (j’utilise pour ma part le nouvellement arrivé Aston Origin), quand il s’agit de faire une prise de son très précise, dans un environnement maîtrisé comme une cabine d’enregistrement (j’utilise mon dressing pour cela).
  • Une paire ORTF statique (pour ne pas casser sa tirelire, on peut choisir par exemple un superlux S502) pour une prise stéréo avec une belle précision, comme un paysage sonore par exemple.

Si j’utilise un micro externe, je ne manque pas d’utiliser des pré-ampli FetHead, qui (on ne le répète jamais assez) permettent d’obtenir un son d’une qualité quasi irréprochable, même avec un petit enregistreur comme le DR-40. Si vous n’êtes pas convaincus, lisez l’article que j’avais écrit à ce sujet…

Bonnettes, filtres anti-pop et positionnement du micro

Il faut aussi bien sûr équiper ses micros des filtres nécessaires pour éviter les bruits parasites : le souffle du vent, les plosives d’un locuteur.

Pour le vent, on peut très facilement confectionner des bonnettes anti-vent avec du tissu à poil, du moment que le support soit fin.

Pour les plosives, il faut s’adapter à la situation. Les plosives, ce sont ces consonnes « p », « t », et les autres « f » qui produisent en sortie de bouche des petites poussées d’air très rapides. Si la bouche est exactement en face du micro, l’air va venir écraser la membrane du micro, et produire un son très saturé. La première précaution consiste donc à tourner le micro, de sorte qu’il pointe bien la bouche du locuteur, mais de façon à ce que l’air ne l’atteigne pas. On met donc le micro légèrement de côté. Attention cependant à ne pas viser depuis le haut ou depuis le bas, car le son de la voix change alors, devenant par exemple plus nasillard.

Bien sûr, cela ne suffit pas toujours, et il on en vient vite à utiliser une bonnette anti-pop faite en mousse pour l’extérieur, ou un filtre anti-pop pour le studio. Pour ma part, j’ai choisi un filtre anti-pop en métal, car il se lave facilement, est plus solide que la version en tissu, et fait très bien le job.

Amortissements

Si on utilise les micros internes, il faut s’assurer de ne pas manipuler l’enregistreur, faute de quoi le contact des mains sur le plastique produira des sons parasites (moins qu’avec le Zoom H4n, mais pas mal quand même). Une solution simple consiste à poser l’enregistreur, et à ne plus y toucher. J’utilise pour cela différentes solutions.

Tout d’abord, il y a le petit support en caoutchouc fourni par le fabricant, qui se loge dans la petite trappe des piles, et se fixe dans le pas de vis, afin de poser l’enregistreur horizontalement. J’ai mis du temps à découvrir où le ranger, heureusement que Théo était là pour me le dire.

Il y a ensuite la solution d’un trépied d’appareil photo, lesquels sont compatibles avec le pas de vis situé derrière l’enregistreur. Pour ma part, j’utilise un trépied qui peut aussi se fixer comme un serre-joint. Très pratique.

Et puis parfois, on aimerait faire tenir l’enregistreur verticalement. Malheureusement, dans sa version sortie d’usine, impossible de réussir cette prouesse, car les prises XLR sont équipées d’une petite languette de métal qui casse la stabilité. Mais on peut facilement résoudre le problème à l’aide de deux butées autocollantes. J’ai trouvé les miennes dans un magasin de bricolage, elles doivent faire 3mm de haut, et stabilisent complètement l’appareil.

Kit main libre

Quand on utilise un micro extérieur, on a vite les main encombrées : enregistreur d’un côté, micro de l’autre. Mais puisque l’enregistreur ne sert pas de micro, on peut très bien le lâcher ! J’ai récemment trouvé une solution plutôt confortable : une petite boucle en métal, que l’on peut fixer sur le pas de vis au dos de l’enregistreur, et un mousqueton, afin de suspendre l’enregistreur, et ainsi se libérer une main. Une affaire qui roule !

Published 5 Nov 2018 in radio – jmtrivial

Diffuser une émission de radio via Facebook Live

À l’occasion de la projection en avant-première de Libre, le film qui raconte l’aventure de Cédric Herrou dans la vallée de la Roya, Alpha de l’émission Faratanin Fraternité a réalisé une interview du militant. Elle sera diffusée le 6 octobre sur l’antenne de Radio Campus Clermont-Ferrand.

Cédric a gentillement proposé de diffuser l’émission en direct sur sa page Facebook. J’ai donc cherché comment connecter le stream icecast de Radio Campus sur Facebook. Voici comment faire :

  • Préparer une image fixe, dans l’idéal d’une petite résolution (512×512 par exemple), afin d’économiser de la bande passante, dans la suite nommée image.jpg. On peut utiliser la ligne de commande convert grosse-image.jpg -resize 512x512 -quality 75% image.jpg pour réaliser une conversion en ligne de commande depuis une grosse image.
  • Identifier l’adresse du flux audio de votre radio, dans notre cas http://campus.abeille.com:8000/campus
  • Se rendre sur Facebook et créer un live, rendre éventuellement persistante la clé, afin de facilement reproduire la manipulation. Recopier l’adresse et la clé de diffusion (clediffusion ci-dessous) proposée par la plateforme
  • Sous GNU/Linux, utiliser ensuite la commande suivante :
​ffmpeg -r 30 -loop 1 -i image.jpg -i http://campus.abeille.com:8000/campus -c:a libfdk_aac -c:v h264 -b:v 768k -preset ultrafast -tune stillimage -pix_fmt yuvj444p -g 60 -profile:v high444 -level 4.2 -f flv "rtmp://live-api-s.facebook.com:80/rtmp/clediffusion"

On peut éventuellement remplacer libfdk_aac par aac si le codec n’est pas disponible.

Cette commande est inspirée d’une discussion sur stackoverflow. Elle encode la vidéo avec l’envoi d’une seule image par seconde, et une compression audio correspondant à ce qui est diffusé sur la plateforme.

Dans mes expérimentations, j’ai dû baisser de manière importante la résolution de l’image afin d’éviter des sacades qui apparaissaient toutes les deux à trois secondes.

Published 24 Sep 2018 in radio – jmtrivial

Vivre une création sonore collective

À l’occasion d’Utopie Sonore 2018, Guisane proposait d’animer un atelier de création collective, autour du thème du grand effondrement.

Lors de la première séance de travail, nous étions bien quarante à être réunis, motivés par la proposition initiale du projet :

“Le Grand Effondrement désigne des prédictions de déclin imminent du monde industriel contemporain. Ces conceptions décrivent un risque systémique de catastrophes planétaires provoqué directement par son mode de fonctionnement. Ces théories de l’effondrement ne relèvent pas de la preuve scientifique directe, mais s’appuient sur des indices mesurables et des études documentées” (Wikipedia). Dans cette logique, et dans la version la plus imminente de cette catastrophe annoncée, il y a une certaine excitation à voir enfin l’écroulement du capitalisme mais aussi la peur d’une précipitation fasciste et la fin totale qu’elle signifierait. Bref, ça chauffe. Cette théorie est un point de départ, chacun peut s’en libérer, la retourner, la malaxer et se l’approprier comme il l’entend. Le thème et la construction de sa matière sonore seront prétexte à des enregistrements expérimentaux.

Après quatre séances de travail collectif, complétés par des épisodes de travail plus individuels, nous avons réussi à construire une pièce sonore de 20 minutes, qui jusqu’à la restitution publique le samedi soir n’avait été écoutée en entier par personne… Le résultat est très beau, même s’il aborde une question difficile. Je vous laisse le découvrir ici :

Mais comment s’organiser, quand le sujet est passionnant, les participant·e·s nombreu·x·ses et bouillonnant·e·s d’idées, et le temps imparti très court…

Voici une première version d’un texte qui évoluera sans doute, et qui raconte comment s’est structuré l’atelier pour réaliser cette pièce sonore.

Déroulé de l’atelier de création sonore sur le grand effondrement

Published 12 Sep 2018 in radio – jmtrivial

Son et mathématiques

Depuis le début de l’année dernière, je participe à un groupe de travail de l’IREM de Clermont-Ferrand consacré à l’informatique sans ordinateur. J’avais déjà parlé ici d’un premier projet consacré à l’adaptation de matériel pédagogique pour déficients visuels.

En parallèle, j’avais commencé à travailler sur un logiciel de synthèse additive, pour produire du son. Depuis, on a un peu avancé sur l’activité que nous concevons autour du son, et il fallait rédiger la fiche scientifique, celle qui parle de musique et de mathématiques. J’ai eu du mal à me retenir, et j’en ai faite une qui parle de son et de mathématiques.

Le document est d’abord écrit à destination des enseignant·e·s de mathématiques de collège, mais je pense qu’il peut intéresser toute personne qui cherche à comprendre un petit peu des sciences qui se cachent derrière les sons, la musique. Il s’agit plutôt d’une introduction, pour éveiller la curiosité et donner envie d’aller lire d’autres choses.

En vrac, ça parle de :

  • ce qu’est le son d’un point de vue physique
  • ce qu’est le son numérique par rapport au son analogique
  • ce qu’est une note, une octave, une gamme
  • pourquoi un piano ne sonne pas pareil qu’une clarinette quand ils jouent la même note
  • ce qu’est une note fondamentale, une harmonique
  • comment fabriquer du son musical de synthèse

Voilà, ça fait 16 pages, avec des figures, des captures d’écran, et quelques formules. Je le mets là pour les curieux, et suis très intéressé à tout retour.

Son et mathématiques (3,8Mo)

Published 6 Sep 2018 in radio – jmtrivial

Atelier de bidouille sonore

Avec le cri de la girafe, on était cette année cinq à rejoindre l’Utopie Sonore. Parmi les propositions que nous avons faites aux participants, il y a eu l’atelier de musique concrète. Un titre bien ronflant pour un atelier que nous avons proposé à deux avec Théo, et que Karim a participé à animer.

Le principe de l’atelier était de découvrir comment déformer simplement des sons à l’aide d’un logiciel de montage comme Reaper ou Ardour, afin d’obtenir des textures sonores, des nappes, ou des pièces électroacoustiques.

Nous avons donc commencé par rappeler le principe d’objet sonore de Pierre Schaeffer, puis nous avons un peu parlé du vocabulaire que l’on avait pu construire l’année précédente dans l’atelier ch’ai faire, ch’ai dire. Nous avons ensuite donné aux participants un petit ensemble de sons récoltés l’année d’avant dans la cour des aulnays : bruits de frottement, d’eau, de percussions, etc.

Puis nous avons commencé à explorer avec les participants l’étirement du son, pour aller chercher dans les hautes fréquences les sons cachés. Nous avons discuté d’attaque, de superposition des sons, de l’idée de mettre les sons à l’envers. Certain·e·s participant·e·s se sont essayés aux effets, avec un peu d’équalisation, de réverbe. Nous avons discuté de l’idée d’avoir des détails à toutes les échelles, de l’idée d’être attentif aux superpositions de sons suivant les fréquences…

Chaque participant·e, en solo ou en binôme a réalisé à la fin de la séance une petite pièce sonore. Ce qui m’a vraiment intéressé, c’est de constater qu’avec le même matériau, et le même processus créatif, chaque proposition a sa propre énergie, son propre rythme, on perçoit une partie de la personnalité de celui ou celle qui a produit…

Le résultat de ces bridouillages est écoutable ci-dessous, ou sur le site du cri de la girafe. Ça s’intitule Musique concrètement collective, un collage en légère superposition et spatialisé par Théo.

Published 3 Sep 2018 in radio – jmtrivial

Utopie Sonore 2018

L’été, c’est le moment où on recharge ses batteries pour l’année, où on vit ces petites parenthèses de rencontres, de découvertes, de création… Cette année, il y a eu des visites de châteaux, et puis des moments en famille, avec des ami·e·s, d’autres encore à profiter de temps seul. J’ai aussi avancé en recherche, et fait plein d’autres choses.

Et puis il y a eu Utopie Sonore. Comme l’année dernière, et celle d’avant aussi. Une petite semaine à cent fondus de son, à la Cour des Aulnays, où retrouver plein de gens qui sont devenus des amis au fil des retrouvailles en festival, rencontres et autres résidences. Utopie Sonore en août, c’est le point d’orgue, le moment d’expérimenter de nouvelles choses, de faire de nouvelles rencontres, et de vivre pleinement une utopie : coupés du monde, sans téléphone, avec la même envie de faire ensemble, et d’apprendre de nouvelles pratiques.

Cette année, avec les giraphones, on est venu·e·s à cinq, avec plein de propositions, certaines au programme, d’autres plus confidentielles.

La proposition principale du collectif, ça a été Exquise valise, une création collective sur le principe du cadavre exquis, pilotée par Aurélie, et dont le rendu final est vraiment réussi.

Pour la deuxième année, on a relancé l’idée de la bibliothèque éphémère, où chacun amène ses livres. C’est la première chose que j’ai construite en arrivant : les étagères et l’espace lecture pour accueillir livres et lecteurs… La photo ci-dessous a été prise avant l’arrivée des festivaliers, et je pense qu’on a bien eu deux fois plus de livres, avec plein de références super intéressantes…

J’ai aussi amené à Geneviève le Raspberry Pi avec logiciel corrigé pour que la maquette interactive soit pleinement fonctionnelle.

Avec Théo, on a aussi proposé un atelier autour de la musique concrète, on a aussi installé un atelier en autogestion pour la fabrication de micro-contacts.

Et puis on a participé à plusieurs créations collectives, échangé avec les copains et copines, et tellement bien mangé !!! Cette édition était vraiment très réussie, et il FAUT que ça continue.

Je commence à poster quelques billets sur ce site, pour compléter ce que nous avons commencé à poster sur le site du cri de la girafe, et sur ce qu’Anaïs recense sur le site d’Utopie Sonore :

Merci à Clémence, Emmanuelle et Élodie pour les photos qui illustrent ce billet.

Published 2 Sep 2018 in radio – jmtrivial

GPIO et parallélisme

Il y a quelques mois, j’avais bricolé un Raspberry Pi pour réaliser une maquette interactive. Mais faute de temps, je n’avais pas réussi à gérer convenablement le parallélisme : contrôler en même temps 10 lecteurs mp3 en python, tout en assurant du « temps réel » pour la détection de la pression sur les boutons, ça marchait mal. Il faut dire que le choix du python avait été guidé par l’envie d’un prototypage rapide, mais sans plus de motivation.

Alors ces dernières nuits, j’ai pris le parti de tout reprendre à zéro, en utilisant cette fois-ci le C++. J’aime Qt, alors j’ai fait du Qt. Et pour le contrôle des entrées sorties de la petite machine, les GPIO, j’ai choisi la bibliothèque wiringPI. Tout de suite, tout marche beaucoup mieux !

À noter qu’il faut penser à installer libqt5multimedia5-pluginsqtmultimedia5-dev, ou encore  gstreamer-pulseaudio pour pouvoir utiliser QMediaPlayer. Étrangement d’ailleurs, sans le support de gstreamer dans pulseaudio, la lecture des mp3 est très très grésillante…

Bon par contre, le projet est encore sur github.

Published 17 Aug 2018 in radio – jmtrivial

Maquette interactive

Utopie Sonore, c’est une résidence collective, où plus de 100 curieux du son se réunissent pendant quelques jours de la fin d’août à la cour des Aulnays pour vivre ensemble, créer ensemble, s’apprendre, échanger. C’est mon bol d’air estival. Et quand on a proposé d’imaginer une restitution de la rencontre 2017 au festival Bruits, j’ai eu très envie de m’y plonger à fond.

J’aime l’idée de placer le son dans l’espace. À grande échelle, mais aussi en miniature. C’est ce qui a motivé la création de cette maquette interactive : fabriquer un objet à l’image de la cour des Aulnays, et permettre aux auditeurs de s’approprier l’espace, de découvrir où nous avons produit les sons, comment nous avons vécu cette parenthèse utopique.

Je voulais la maquette d’une taille A0, en relief, accessible aux déficients visuels, facile à manipuler, et permettant de déclencher des sons à l’aide de boutons, afin d’écouter à la fois les sons produits sur place, mais également d’entendre quelques captations sauvages de l’événement. 2 semaines avant Bruits, je me suis donc lancé dans un sprint de réalisation.

Informatique

Initialement, j’envisageais de permettre à l’auditeur la superposition de sons. Il fallait pouvoir jouer plusieurs fichiers en même temps. J’ai donc opté pour un nano-ordinateur raspberry pi, facile à programmer, facile à câbler, consommant peu.

J’ai rapidement prototypé un logiciel en python, pour mettre en place l’ensemble des idées : des boutons pour déclencher et stopper les sons, un bouton stop général… Pendant les essais, j’ai tout de même constaté que l’émulation de l’exécution en parallèle de python était un peu légère pour lancer plusieurs sons en parallèle. J’envisage de prochainement retravailler le code source afin de permettre une plus grande interaction. Dans la version qui a été présentée, le déclenchement d’un son stoppait les autres.

Le code source du projet est disponible sur github, il évoluera donc ces temps prochains, mais on y retrouve les grandes idées de ce que je voulais faire.

Électronique

Je ne voulais pas souder de câbles sur le raspberry pi. J’ai donc cherché un peu, et penché pour de la récup’ de nappes d’ordinateurs. Je pensais initialement utiliser une nappe IDE 40 pins. Mais il ne faut pas ! En effet, 7 broches sont connectées à l’intérieur de ces nappes, ce qui peut provoquer un court-circuit dans le raspberry, connectant des pins qui ne devraient pas l’être. J’ai finalement opté pour une nappe 34 broches, prévue pour les lecteurs disquettes.

Après avoir soudé à chaque fil de la nappe un court fil plus épais, j’ai utilisé des dominos pour faciliter l’assemblage du reste du câblage. J’ai soudé sur chaque bouton deux fils, que j’ai ensuite relié d’une part à un pin GPIO, et d’autre part au pin de la masse.

Lorsque le bouton n’est pas pressé, l’ordinateur lit une tension de 3.3V. Lorsque le bouton est pressé, une résistance interne au raspberry annule la tension de 3.3V, et le bouton est donc à la masse. Pour avoir ce comportement en interne, il ne faut pas oublier de déclarer un réglage pull-up dans le code python. L’autre alternative est d’utiliser une résistance connectée au 3.3V en plus des deux autres câblages. J’ai opté pour le plus simple.

Modélisation

L’étape d’après à consisté à modéliser en 3D la cour des Aulnays. Je suis parti de plans d’architectes, de vues aériennes et de mes souvenirs pour construire une scène 3D simplifiée de la cour, grâce à blender. Une fois la structure validée, j’ai repris la modélisation en n’assemblant que des petits plans d’une épaisseur de 3mm, afin de préparer la découpe puis l’assemblage. J’ai prévu des assemblages par languettes au niveau des fondations, et de quelques endroits stratégiques, comme la tour et les tourelles.

Découpage

J’ai ensuite réalisé à la main la mise à plat de chacune de ces planches, afin de m’assurer de la cohérence de l’ensemble. Après un export sous forme de maillages, j’ai utilisé slic3r pour exporter le maillage en coupes au format SVG. J’ai alors assemblé le tout, je l’ai enrichi de quelques éléments supplémentaires, puis j’ai exporté le tout au format DXF.

La découpeuse laser de SIGMake m’a une nouvelle fois servi. J’ai dû tout de même optimiser soigneusement le placement de mes découpes, car il me restait assez peu de medium 3mm…

Assemblage

Enfin est arrivé le moment de l’assemblage : vérifier que tout s’assemble correctement (j’ai juste eu à poncer une ouverture, mais tout le reste fonctionnait), câblage, puis collage de l’ensemble.

Afin d’assurer une plus longue espérance de vie à la maquette, je l’ai vernie. Bon, une couche suffit. J’ai également retouché un peu certains champs avec un feutre Faber-Castell sepia B, pour retrouver la couleur du bois brûlé, lorsque j’avais un peu poncé les arêtes.

Les dernières étapes ont consisté à éclairé l’intérieur grâce à une guirlande (merci Lise !) faufilée par les trappes sous les bâtiments, et à placer des étiquettes braille et en noir indiquant le nom des différents lieux utilisés pendant Utopie Sonore.

À Bruits#2

La maquette est arrivée sans heurt à Pol’N, où se déroulait le festival Bruits.

Les auditeurs se sont très vite appropriés la maquette, malgré quelques défauts qu’il me faudra régler avant la prochaine présentation : un grésillement constant, peut-être lié au pré-ampli qui saturait ou aux casques utilisés ; une durée de pression des boutons mal réglée. Et puis j’aimerais régler ce problème d’exécution en parallèle, pour pouvoir lancer plusieurs sons simultanés.

La suite au prochain épisode !

Published 10 May 2018 in radio – jmtrivial

L’accueil des mineurs isolés étrangers

En démarrant l’émission Faratanin Fraternité avec les jeunes minteurs isolés étrangers de Clermont-Ferrand, j’ai pris du temps pour me renseigner sur les conditions d’accueil de ces jeunes, que l’état choisi de ne pas reconnaître. J’ai notamment découvert que depuis 1982, l’état déléguait aux département la gestion des mineurs, et que la prise en charge de ces jeunes était très variable d’une ville à l’autre.

J’ai donc commencé une série de documentaires avec Lise, pour essayer de faire comprendre un peu plus ce que vivent ces jeunes. Il y a quelques jours, une militante de Marseille disait au micro d’un copain de Radio Grenouille : quand on se bat aux côtés des demandeurs d’asile, on se bat pour que la loi change. Quand on se bat aux côtés des mineurs isolés étrangers, on se bat pour que l’état respecte la loi.

Nous avons donc déjà produit deux documentaires pour le cri de la girafe. Le premier a aussi été diffusé sur toutes les radios du réseau Radio Campus France, dans le cadre du programme Univox. Il raconte le quotidien de ces jeunes à Toulouse :

Le deuxième permet de découvrir comment ça se passe à Brest :

On prépare maintenant le prochain documentaire de la série, en co-production avec Radio Grenouille, pour faire entendre ce qui se passe à Marseille.

Pour comprendre un peu mieux les choses, les conditions de vie de ces jeunes, et des gens qui les aident à ne pas vivre à la rue, vous pouvez aussi aller faire un tour sur le site du cri de la girafe, et découvrir tous les autres sons associés…

Published 26 Feb 2018 in radio – jmtrivial

Faratanin Fraternité

En ce début d’année 2018, j’ai entrepris avec plusieurs ami·e·s un projet radiophonique aux multiples facettes. Tout a commencé je crois avec Lise, quand on a décidé d’aller rencontrer les jeunes mineurs isolés étrangers hébergés au 5 étoiles.

De là est né un projet d’émission, un atelier pour faire découvrir à ces mineurs isolés étrangers ce qu’est la radio, de leur faire découvrir que tendre un micro offre une légitimité qui permet d’aller voir partout. Ils ont très envie de raconter leur vie, pour que les auditeurs comprennent ce qu’ils vivent. On a très envie de les entendre dans leur découverte de la France. Ça se passe sur Radio Campus Clermont, et l’émission s’intitule Faratanin Fraternité. On peut même écouter la première émission, diffusée samedi dernier :

De ces rencontres est née l’envie d’aller découvrir comment se passe cet hébergement dans les autres villes de France. Avec Lise et Robin, nous nous sommes rendus à Toulouse rencontrer le collectif autonoMIE, et à l’occasion du festival Longueur d’ondes, je suis allé à Brest, et j’y ai rencontré le mouvement zéro personne à la rue, qui a ouvert un logement pour ces jeunes. En préparation maintenant, une petite série de portraits de ces lieux d’hébergement, où l’on découvrira comment ces collectifs assurent les missions d’un service public qui s’est complètement désengagé.

En parallèle de ce travail documentaire, nous avons commencé avec Catherine à travailler sur une série de témoignages-portraits, où les jeunes se racontent, et racontent leur itinéraire. À découvrir sur le site du cri de la girafe.

Si vous avez envie d’en entendre plus sur les mineurs isolés à Toulouse ou Brest, venez ce samedi à l’écoute collective, rendez-vous à Radio Campus !

Published 5 Feb 2018 in radio – jmtrivial